Gérard Muller

Ingénieur, retraité de l’industrie aérospatiale où il réalise encore du « consulting », Gérard Muller a mal tourné en devenant romancier.

Il se sert notamment de ses expériences industrielles pour écrire des romans policiers scientifiques, dans lesquels la science devient l’un des personnages qui est complètement immergé dans l’intrigue.

Un peu « fleur bleue », il écrit aussi des romans plus classiques dans lesquels la technologie peut même devenir sentimentale !

 

  • Retrouvez Gérard Muller vendredi 29 à 11H !
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      Le rôle essentiel de la modélisation dans l’industrie spatiale, et évolution des outils numériques associés.
      Analogie avec le processus littéraire.


      La modélisation mathématique est primordiale dans l’industrie spatiale, car les satellites évoluent dans un environnement que l’homme ne peut pas appréhender de façon naturelle. De plus, une fois le satellite lancé sur son orbite, l’homme ne plus intervenir pour corriger quelque chose.
       
      Les industriels ont alors réalisé des modélisations mathématiques qui prennent en compte l’ensemble des phénomènes dans des modèles globaux (car tout joue avec tout). Avant de lancer le satellite, il est entièrement simulé sur terre dans des ordinateurs qui vont restituer son comportement pendant toutes les phases de sa vie (jusqu’à sa désorbitation, pour laisser la place à d’autres). Chaque satellite possède ainsi une vie virtuelle, avant même d’être assemblé !
       
      Les essais au sol, nécessaires pour prouver que le véhicule va pouvoir réaliser sa mission, vont aussi utiliser des simulations numériques. Le satellite, une fois assemblé au moins partiellement, va être connecté à des simulateurs qui vont le mettre en situation. Les simulateurs seront purement numériques pour ce qui concerne les logiciels embarqués, ou physiques pour simuler sa dynamique, son comportement mécanique et thermique.
       
      Sans modélisation numérique, il n’y aurait pas eu de conquête spatiale.

 

Prolongement vers la littérature :

Aujourd’hui, le monde industriel et celui des sciences humaines font de plus en plus appel à l’IA (intelligence artificielle) pour résoudre des problèmes que la simulation numérique classique ne peut pas résoudre (ou difficilement).

Le processus consiste à entrer dans un processeur à base de réseaux neuronaux d’énormes quantités de données. Le processeur va alors traiter l’ensemble de ces données pour construire des algorithmes conduisant à la résolution du problème posé. Ces algorithmes travaillent sur des systèmes de corrélation et de simulation, sans d’ailleurs que l’on sache exactement comment ils procèdent.

Le processus littéraire romanesque travaille de la même façon : le processeur sera alors le cerveau du romancier et les données (les data) seront l’ensemble des expériences qu’il a vécues, partagées ou lues.

À partir de là, les algorithmes de son cerveau vont entamer un processus imaginatif (dont une partie est inconsciente) qui vont lui permettre de construire le roman. De même que nous ne savons pas comment fonctionne le deep learning, de même nous sommes incapables de comprendre comment notre imagination marche, mais nous assistons à deux processus similaires.